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Informations générales  

  • Lieu de naissance : Cognac
  • Date de naissance : 12/09/1494
  • Date de décès : 31/03/1547

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Alias  

  • France Of 01 Francis
  • Francesco 01 di Francia

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Francis 01 Of France (1494)

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Type :  

  Résumé  

François Ie r (1494 – 1547), dit le Père et Restaurateur des Lettres, le Roi Chevalier, le Roi Guerrier, le Grand Colas, le Bonhomme Colas ou encore François au Grand Nez, est sacré roi de France le 25 janvier 1515 dans la cathédrale de Reims, et règne jusqu’à sa mort en 1547. Fils de Charles d’Angoulême et de Louise de Savoie, il appartient à la branche de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne.

François Ie r est considéré comme le monarque emblématique de la période de la Renaissance française. Son règne permet un développement important des arts et des lettres en France. Sur le plan militaire et politique, le règne de François Ie r est ponctué de guerres et d’importants faits diplomatiques.

Il a un puissant rival en la personne de Charles Quint et doit compter sur les intérêts diplomatiques du roi Henri d’Angleterre toujours désireux de se placer en allié de l’un ou l’autre camp. François Ie r enregistre succès et défaites mais interdit à son ennemi impérial de concrétiser ses rêves, dont la réalisation toucherait l’intégrité du royaume. L'antagonisme des deux souverains catholiques a de lourdes conséquences pour l’Occident chrétien : il facilite la diffusion de la Réforme naissante et surtout permet à l'Empire ottoman de s'installer aux portes de Vienne en s'emparant de la quasi-totalité du royaume de Hongrie.

Sur le plan intérieur, son règne coïncide en effet avec l'accélération de la diffusion des idées de la Réforme. La constitution de la monarchie absolue et les besoins financiers liés à la guerre et au développement des arts induisent la nécessité de contrôler et optimiser la gestion de l'État et du territoire. François Ier introduit une série de réformes touchant à l'administration du pouvoir et en particulier à l'amélioration du rendement de l'impôt, réformes mises en œuvre et poursuivies sous le règne de son successeur Henri II.

  Biographie  

  Jeunesse et éducation

François Ie r est né le à Cognac . Son prénom lui vient de saint François de Paule. Son père Charles d'Orléans, duc d'Angoulême, que François n’a pas connu, était le cousin du roi Louis et le petit-fils de la duchesse de Milan Valentine Visconti, François appartient donc à la branche cadette de la maison royale de Valois et n'est pas destiné à régner.

Faute d’héritier, Louis fait venir à la cour d'Amboise son lointain cousin le petit François, accompagné de sa mère Louise de Savoie et de sa sœur aînée Marguerite. C’est dans ce château et sur les bords de la Loire que François grandit.

Louise de Savoie, veuve à dix-neuf ans en 1495 alors que François n’a que deux ans, élève seule ses deux enfants. Le jeune François s’entoure de compagnons qui resteront influents dans sa vie adulte tels Anne de Montmorency, Marin de Montchenu (1494-1546), Philippe de Brion et Robert de La Marck, seigneur de Sedan, à qui on doit une description de leurs jeux et activités. En 1502, François fait une chute de cheval et se retrouve dans un état critique. Sa mère en tombe malade et ne vit que pour la guérison de celui qu’elle appelle son « César ».



Quand François accède au trône en 1515, il a 20 ans et la réputation d’être un humaniste. Il choisit comme emblème la salamandre. Son entrée dans Paris le 15 février 1515, donne le ton de son règne. Vêtu d’un costume en toile d’argent incrusté de joyaux, il fait cabrer son cheval et jette des pièces de monnaie à la foule. Il participe avec fougue et éclat à un pas d'armes (joutes à cheval avec lances selon un scénario élaboré). Alors que ses deux prédécesseurs, Charles et Louis , ont consacré beaucoup de temps à l’Italie, ils n’ont pas saisi le mouvement artistique et culturel qui s’y développait. Ils ont néanmoins planté le décor qui permet l’épanouissement ultérieur de la Renaissance en France.

Le contact entre les cultures italienne et française pendant la longue période des campagnes d’Italie introduit de nouvelles idées en France au moment où François reçoit son éducation. Nombre de ses précepteurs, notamment François Desmoulins, son professeur de latin (langue que François aura beaucoup de mal à assimiler), l’Italien Gian Francesco Conti, et Christophe Longueuil inculquent au jeune François un enseignement très inspiré de la pensée italienne. La mère de François s’intéresse également de près à l’art de la Renaissance et transmet cette passion à son fils qui, durant son règne, maîtrise la langue italienne à la perfection. On ne peut affirmer que François reçoit une éducation humaniste ; en revanche, il reçoit une éducation qui le sensibilise, plus que tout autre de ses prédécesseurs, à ce mouvement intellectuel.

  Un prince de la Renaissance
Le mécène et les artistes


À l’époque où François Ie r accède au trône, les idées de la Renaissance italienne se sont diffusées en France et le roi contribue à cette diffusion. Il commande de nombreux travaux à des artistes qu’il fait venir en France. Plusieurs travaillent pour lui, dont les plus grands comme Andrea del Sarto et Léonard de Vinci. François Ie r manifeste une véritable affection pour le vieil homme, qu’il appelle « mon père » et qu’il installe au Château du Clos Lucé, à Amboise, à quelques centaines de mètres du château royal d’Amboise. Vinci apporte dans ses malles ses œuvres les plus célèbres tels La Joconde, La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne, Saint Jean Baptiste. Le roi lui confie de nombreuses missions comme l’organisation des fêtes de la Cour à , la création de costumes ainsi que l’étude de divers projets. Vinci reste en France de 1516 jusqu’à sa mort en 1519 dans les bras du roi selon une légende battue en brèche par certains documents historiques.

On peut citer aussi l’orfèvre Benvenuto Cellini et les peintres Rosso Fiorentino et Le Primatice, chargés de nombreux travaux dans les différents châteaux de la couronne. François Ie r emploie de nombreux agents comme Pierre l'Arétin, chargés d’amener en France les œuvres de maîtres italiens comme Michel-Ange, Titien et Raphaël. C’est pendant le règne de François Ie r que la collection d’œuvres d’art des rois de France, aujourd’hui exposée au Louvre, commence réellement.

Le protecteur des Lettres

Les progrès de l'imprimerie favorisent la publication d’un nombre croissant de livres. En 1518, François Ie r décide la création d’un grand « cabinet de livres » abrité à Blois et confié au poète de la Cour Mellin de Saint-Gelais. En 1536, interdiction est faite de vendre ou envoyer en pays étranger, aucuns livres ou cahiers en quelques langues qu’ils soient, sans en avoir remis un exemplaire ès mains des gardes de la Bibliothèque Royale, bibliothèque dont il nomme intendant l’humaniste Guillaume Budé avec mission d’en accroître la collection. C’est en 1540 qu’il charge Guillaume Pellicier, ambassadeur à Venise, d’acheter et faire reproduire le plus possible de manuscrits vénitiens.


À l’instigation de Guillaume Budé, il fonde le corps des « Lecteurs Royaux », abrité dans le « Collège Royal » (ou « Collège des trois langues », futur « Collège de France »). Bien que décidée par François Ier, la construction du bâtiment, confiée à l’architecte Jean-François Chalgrin, ne se concrétise pas avant la régence de Marie de Médicis, près d’un siècle plus tard. Parmi les lecteurs royaux, on compte Barthélemy Masson, qui enseigne le latin, et le géographe et astronome Oronce Fine, en charge des mathématiques. Il favorise le développement de l’imprimerie en France et fonde l’Imprimerie royale dans laquelle œuvrent des imprimeurs comme Josse Bade et Robert Estienne. En 1530, il nomme Geoffroy Tory imprimeur du roi (pour le français), charge qui passe en 1533 à Olivier Mallard, puis en 1544 à Denys Janot. Grâce au graveur et fondeur Claude Garamond, l’imprimerie royale innove dans une écriture à caractères de type romain plus lisible.

De nombreuses bibliothèques privées voient ainsi le jour : Emard Nicolaï, président de la Chambre des comptes possède une vingtaine d’ouvrages. 500 volumes appartiennent au président du parlement, Pierre Lizet, 579 livres constituent la bibliothèque de son confrère André Baudry, 775 chez l’aumônier du roi, Gaston Olivier, 886 pour l’avocat Leferon, au moins 3 000 chez Jean du Tillet et plusieurs milliers chez Antoine Duprat.

François Ie r subventionne des poètes tels Clément Marot et Claude Chappuys et compose lui-même quelques poésies – bien que Mellin de Saint-Gélais soit soupçonné d’être l’auteur de certains poèmes dont François Ie r s’attribue la paternité – qui sont publiées ainsi que quelques-unes de ses « Lettres ».

Sa sœur aînée, Marguerite, mariée au roi de Navarre, est également une fervente admiratrice des lettres et protège de nombreux écrivains comme Rabelais et Bonaventure Des Périers. Elle figure aussi dans la liste des lettrés de la cour, étant l’auteur de nombreux poèmes et essais tels La Navire, et Les Prisons. Elle publie également un volumineux recueil intitulé Les Marguerites de La Marguerite des princesses qui reprend l’ensemble de ses écrits. Mais son œuvre maîtresse reste l’Heptaméron, un recueil de contes inachevés publiés après sa mort.

Le bâtisseur

François Ie r est un bâtisseur acharné et dépense sans compter dans la construction de nouveaux bâtiments. Il poursuit le travail de ses prédécesseurs au château d’Amboise, mais surtout au château de Blois. Par des travaux qui durent dix ans, il fait ajouter deux nouvelles ailes à ce dernier, dont l’une abrite le fameux escalier, et modernise son intérieur avec des boiseries et des décorations à base d’arabesques propres à la nouvelle mode italienne.
Au début de son règne, il entame la construction du château de Chambord, sur un domaine de chasse acquis par Louis . Il est fortement influencé par la renaissance italienne : Léonard de Vinci participe vraisemblablement à ses plans, ainsi que l’architecte italien Boccador, à qui on doit le donjon de ce château.

François Ie r tente de reconstruire le Louvre, faisant détruire la tour médiévale de la sombre forteresse de Philippe Auguste. Il demande la construction d’un nouvel Hôtel de Ville pour Paris dans le but d’influencer les choix architecturaux, qui seront d’ailleurs mis en œuvre par Boccador et Pierre Chambiges. En 1528, dans le bois de Boulogne, il fait édifier le château de Madrid, sous la direction de Girolamo della Robbia, qui évoque par sa structure la demeure que François Ie r a occupée pendant son emprisonnement en Espagne. Il fait également construire, sous la direction de Pierre Chambiges, le château de Saint-Germain-en-Laye ainsi qu’un château de chasse, le château de la Muette, dans la forêt de Saint-Germain : celui que l'on surnomme le « roi des veneurs » peut s'y adonner à sa passion la chasse à courre. Il fait aussi ouvrir les chantiers des châteaux de Villers-Cotterêts vers 1530, de Folembray en 1538, et de Challuau en 1542. En tout, près de 7 châteaux seront construits et remaniés en 15 ans.

Le plus grand des projets de François Ie r est la reconstruction quasiment complète (seul le donjon du château antérieur est conservé) du château de Fontainebleau, qui devient rapidement son lieu de résidence favori. Les travaux s’étendent sur une quinzaine d’années pour constituer ce que François Ie r veut être l’écrin de ses trésors italiens (tapisseries dessinées par Raphaël, bronze d’Hercule réalisé par Michel-Ange, décoration de la galerie François Ie r par Rosso Fiorentino, autres décorations de Giovanni Battista Rosso et Le Primatice autour desquels s’est formée la prestigieuse école de Fontainebleau).

Il confie également à Léonard de Vinci l’élaboration des plans du nouveau château de Romorantin dans lesquels l’artiste reprend les plans de sa cité idéale de Milan. Le projet est néanmoins abandonné en 1519, les ouvriers du chantier étant atteints par une épidémie de paludisme, alors présente dans les marais de Sologne.

Chacun des ambitieux projets royaux bénéficie de somptueuses décorations tant extérieures qu’intérieures. Il décide en 1517 de la fondation d’un nouveau port, initialement appelé « Franciscopolis » mais que l’existence d’une chapelle sur le site choisi pour sa construction fera renommer « Le Havre de Grâce ».

  Politique extérieure

La politique extérieure de la France sous François Ie r est tout entière dominée par la rivalité avec la maison de Habsbourg, en la personne de Charles Quint, héritier de l’empereur Maximilien Ier du Saint-Empire, son grand-père, et de l’empire espagnol par sa mère Jeanne la Folle. Durant la période pendant laquelle s’affrontent la maison de France (François Ie r puis Henri ) et le Saint-Empire, les autres pays européens font figure de comparses: l’Angleterre d’Henri , les États pontificaux et autres principautés italiennes comme les duchés de Ferrare et de Modène , le duché de Parme-et-Plaisance, le duché d’Urbino (sous les Médicis).

Charles de Habsbourg, est à la tête d’un véritable empire :

  • Par son père Philippe le Beau, lui-même fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne (fille de Charles le Téméraire), il possède l’Autriche, les Dix-sept Provinces (Pays-Bas bourguignons, Flandre, Artois, Franche-Comté, etc.).
  • Par sa mère Jeanne la Folle , il hérite de l’Espagne (unification des royaumes de Castille, d’Aragon et de Grenade) et de ses possessions américaines, ainsi que du Royaume de Naples.
  • À la mort de son grand-père Maximilien Ier en 1519, Charles est le favori pour sa succession au titre d’empereur romain germanique.

Une fois empereur , Charles a deux ambitions complémentaires:
  • Une ambition personnelle qui lui tient particulièrement à cœur depuis sa jeunesse flamande, la récupération du duché de Bourgogne possession de son arrière-grand-père Charles le Téméraire. Cette revendication, pour laquelle il n’obtiendra jamais satisfaction, ne repose sur aucune base juridique : le duché de Bourgogne avait été reçu en apanage par Philippe le Hardi de son père Jean le Bon. À partir du moment où ce fief ne pouvait être hérité que par un descendant mâle de l’apanagiste, et que Charles le Téméraire, descendant de Philippe le Hardi, n’avait eu qu’une fille, le duché revenait automatiquement au domaine royal dont il était un démembrement.
  • Une ambition impériale d’une Europe dominée par les Habsbourg, dans lequel il jouera le rôle de défenseur de l’Église Romaine.

Ces deux ambitions ne pouvaient que se heurter à l’hostilité de François Ie r, gardien de l’intégrité du domaine royal et roi d’une France aux fortes ambitions héritées de ses prédécesseurs, en particulier sur le territoire morcelé de l’Italie de la Renaissance. Comme Charles et Louis , François n’aura de cesse de tenter d’installer son pouvoir sur la péninsule en commençant par la reconquête du duché de Milan dont il estime tenir les droits par son arrière-grand-mère Valentine Visconti, duchesse de Milan et épouse de Louis d’Orléans.

Conquête du Milanais

Louis avait dû reculer face aux attaques de la Sainte Ligue. Peu de temps avant le règne de François Ie r, deux des éléments essentiels de cette ligue reviennent à de meilleures sentiments envers le royaume de France : Henri signe en 1514 le traité de paix et d’alliance de Tournai et le pape Léon , élu en 1513, envisage des relations avec la France moins tumultueuses que celles de son prédécesseur Jules . Le traité de Dijon n’ayant jamais été ratifié par Louis , François Ie r ne s’estime pas tenu par les clauses prévoyant la renonciation des droits de sa famille sur le duché de Milan et passe une alliance avec la république de Venise. Du côté du Saint-Empire romain germanique, le futur Charles Quint est alors seigneur des Pays-Bas bourguignons et l’empereur Maximilien Ie r est concentré sur sa diplomatie vers l’est (Bohême, Hongrie, Pologne et Lituanie). L’opposition aux visées du roi de France se limite donc en réalité au duc de Milan Maximilien Sforza, officiellement mais faiblement soutenu par le pape, et son allié le cardinal Matthieu Schiner, artisan de l’alliance entre les cantons suisses et Jules , et futur conseiller de Charles Quint.

Au printemps 1515, François Ie r ordonne la concentration des troupes à Grenoble et une armée de 30 000 hommes marche sur l’Italie. Solidement établis à Suse, les Suisses tiennent la route habituelle du Mont-Cenis et l’armée franchit les Alpes par une route secondaire proche d’Argentière, y compris les chevaux et l’artillerie avec l’aide technique de l’officier et ingénieur militaire Pedro Navarro. Dans la plaine du Piémont, une partie de l’armée suisse prend peur et propose, le 8 septembre à Gallarate, de passer au service de la France. Schinner réussit à regagner les dissidents à sa cause et s’avance à leur tête jusqu’au village de Melegnano (en français, Marignan), à 16 kilomètres de Milan. La bataille qui s’engage reste longtemps indécise mais l’artillerie française, efficace contre les fantassins suisses, les forces d’appoint vénitiennes et la furia francese finissent par faire pencher la balance du côté de François Ie r, qui emporte cet affrontement décisif. Contrairement à une légende tenace mais malheureusement apocryphe (développée à partir de 1525 pour des raisons de prestige d’une royauté chancelante), il ne se fait pas armer chevalier par Bayard sur le champ de bataille.

Cette victoire apporte renommée au roi de France dès le début de son règne. Les conséquences diplomatiques sont nombreuses :

  • François Ie r prend rapidement le contrôle de la Lombardie.
  • Il signe la paix perpétuelle de Fribourg le 29 novembre 1516 avec les cantons suisses. Ce traité restera en vigueur jusqu’à la fin de la monarchie en France.
  • Le 13 août 1516, François Ie r et le jeune roi des Espagnes Charles Ie r, futur Charles Quint, signent le traité de Noyon qui confirme à François Ie r la possession du Milanais, qui restitue la Navarre à Henri d’Albret et qui promet à Charles la main de la fille aînée du roi de France, Louise, alors âgée d’un an (mais qui ne survivra pas à son troisième anniversaire). Dans la dot de la future mariée sont inclus les droits sur le royaume de Naples.
  • Antoine Duprat signe en son nom le concordat de Bologne le 18 août 1516. Ce concordat régira les relations entre le royaume de France et la Papauté jusqu’à la Révolution française. Désormais, le roi nomme les évêques, archevêques et cardinaux, qui sont par la suite confirmés par le pape.

La compétition pour la couronne impériale

Le 12 janvier 1519, la mort de Maximilien ouvre la succession à la couronne impériale. Cette couronne, si elle n’ajoute aucun contrôle territorial, apporte en revanche à son titulaire un surcroît de prestige et un poids diplomatique certain. Charles Ie r d’Espagne, élevé dans cette perspective, est le candidat naturel à la succession de son grand-père et doit affronter le roi Henri d’Angleterre, le duc albertin Georges de Saxe, dit le Barbu, et François Ie r. La candidature de ce dernier répond à une double ambition :

  • Éviter que le souverain qui contrôle déjà plus de la moitié de l’Europe et le Nouveau Monde ibérique se voie auréolé d’un prestige diplomatique supplémentaire et parvienne à réaliser son rêve avoué de constituer un nouvel empire de Charlemagne.
  • Revendiquer ce surcroît de prestige pour lui-même, comme l’ont tenté avant lui Philippe le Hardi et Charles de Valois.

La compétition se résume vite à un duel François contre Charles. Pour convaincre les sept princes-électeurs allemands, les rivaux useront tour à tour de la propagande et d’arguments sonnants et trébuchants. Le parti autrichien présente le roi d’Espagne comme issu du véritable "estoc" , mais la clef de l’élection réside essentiellement dans la capacité des candidats à acheter les princes-électeurs. Les écus français s’opposent aux florins et ducats allemands et espagnols mais Charles bénéficie de l’appui déterminant de Jakob Fugger, richissime banquier d’Augsbourg, qui émet des lettres de change payables après l’élection et pourvu que soit élu Charles d’Espagne. Charles est élu à 19 ans Roi des Romains le 28 juin 1519 et est sacré empereur à Aix-la-Chapelle le 23 octobre 1520. Sa devise Toujours plus oultre correspond à son ambition de monarchie universelle d’inspiration carolingienne alors qu’il est déjà à la tête d’un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais mais néanmoins, pour son malheur, très hétérogène.

Bourgogne, Italie et Provence

Bien entendu, l’élection impériale n’apaise en rien les tensions continuelles entre François Ie r et Charles Quint. D’importants efforts diplomatiques sont déployés pour constituer ou consolider le réseau d’alliance de chacun. En juin 1520, François Ie r organise la rencontre du Camp du Drap d’Or avec Henri mais échoue, vraisemblablement par excès de faste et manque de subtilité diplomatique, à concrétiser un traité d’alliance avec l’Angleterre. De son côté, Charles Quint, neveu de la reine d’Angleterre, avec l’aide du cardinal Thomas Wolsey à qui il fait miroiter l’élévation au pontificat, obtient la signature d’un accord secret contre la France au traité de Bruges. Comme aima à le souligner Henri , Qui je défends est maître.

Toujours avec pour objectif de conquérir la Bourgogne, les armées de l’empereur mènent l’offensive au nord et au sud. En 1521, Franz von Sickingen et le comte Philippe Ier de Nassau obligent Bayard à s’enfermer dans Mézières assiégée qu’il défendra sans capituler malgré les canonnades et les assauts. Le sort des armes est moins favorable sur le front italien où les troupes du maréchal Odet de Foix, vicomte de Lautrec, sont décimées par l’armée commandée par François Sforza et Prospero Colonna lors de la bataille de la Bicoque. Toute la province se soulève alors en réaction au gouvernement oppressif du maréchal: la France perd le Milanais en avril 1522.

L’année 1523 est également le théâtre d’une affaire initialement franco-française mais dont les conséquences dépassent les frontières du royaume. Le connétable Charles de Bourbon, en butte depuis son veuvage aux manœuvres de François Ie r pour satisfaire les revendications de Louise de Savoie sur le Bourbonnais et la vicomté de Châtellerault, s’accorde avec Charles Quint et passe à son service pour devenir lieutenant général de ses armées.

Cette défection retarde la contre-offensive de François Ie r. En 1524, Guillaume Gouffier de Bonnivet prend la tête de l’armée qui doit reconquérir Milan mais trouve Charles de Bourbon sur son chemin, doit se retirer sur la Sesia. Blessé, il confie son arrière-garde à Bayard, qui succombe lui-même le 30 avril 1524. La voie est ouverte aux armées impériales pour une invasion par la route de Lyon, offensive préconisée par Charles de Bourbon. Charles Quint préfère attaquer par la Provence et, en août et septembre 1524, fait mettre le siège devant Marseille, qu’il échoue à prendre. François Ie r en profite pour reprendre l’initiative et conduit lui-même son armée au-delà des Alpes pour arriver le 28 octobre sous les murs de Pavie. La ville est défendue par Antonio de Leiva et reçoit les renforts du vice-roi de Naples, Charles de Lannoy. Mal conseillé par Bonnivet et malgré l’avis de Louis de la Trémoille, François Ie r engage la bataille dans la hâte. L’artillerie, mal placée, doit cesser le feu sous peine de tirer dans les rangs français. L’armée ne peut résister aux troupes impériales; Bonnivet, La Palice et La Trémoille sont tués. François Ie r remet son épée à Charles de Lannoy et reste prisonnier jusqu’à la signature, le 14 janvier 1526, du traité de Madrid.

Aux termes de ce traité, François Ier doit céder le duché de Bourgogne et le Charolais, renoncer à toute revendication sur l’Italie, les Flandres et l’Artois, réintégrer Charles de Bourbon au sein du royaume de France et restituer ses terres, et épouser Éléonore de Habsbourg, sœur de Charles. François est libéré en échange de ses deux fils aînés, le dauphin François de France et Henri de France . François Ier lors de sa captivité à Madrid, avait fait le vœu d’un voyage de dévotion à Notre-Dame du Puy-en-Velay et à la basilique Saint-Sernin de Toulouse, s’il obtenait sa délivrance. En 1533, il honora sa promesse et fut accueilli avec liesse dans de nombreuses villes de provinces, notamment à Béziers par l'évêque Antoine Dubois.

Charles Quint ne tire pas grand profit de ce traité, que François avait d’ailleurs jugé bon de déclarer inexécutable la veille de sa signature. Le 8 juin, les états de Bourgogne déclarent solennellement que la province entend rester française. De surcroît, Louise de Savoie n’étant pas restée inactive pendant sa régence, une ligue contre l’empire est scellée à Cognac, à laquelle participent la France, l’Angleterre, le pape et les principautés italiennes . Le 6 mai 1527, Charles de Bourbon est tué dans l'assaut qu'il donne à Rome.Ses troupes s'en vengeront en mettant à sac la cité de Rome.

Une suite de défaites et de victoires des deux camps en Italie amènent Charles Quint et François Ie r à laisser Marguerite d’Autriche, tante de l’empereur, et Louise de Savoie, mère du roi, négocier un traité qui amende celui de Madrid: le 3 août 1529, à Cambrai, est signé la "Paix des Dames", qui sera ratifiée par les deux souverains. François Ie r épouse Éléonore veuve du roi du Portugal, sœur de Charles, recouvre ses enfants moyennant une rançon de 2 000 000 écus et garde la Bourgogne; en revanche, il renonce à l’Artois, à la Flandre et à ses vues sur l’Italie.

Nouvelles alliances : les princes protestants et l'Empire ottoman


En fait, François Ie r n’abandonne pas ses prétentions et s’ouvre à de nouvelles alliances quelque peu surprenantes pour un roi très chrétien.

François Ie r entend profiter des dissensions internes de l’Empire et signe, le 26 octobre 1531 à Saalfeld, un traité d’alliance avec la ligue de Schmalkalden. La France ne rejoint pas la ligue mais promet une aide financière.

À l’extérieur de l’Empire, François Ie r s'allie aux Ottomans de Soliman le Magnifique pour combattre Charles Quint qui lui-même prend les Turcs à revers en s'entendant avec les Perses. Aucun traité d’alliance proprement dit n’est signé entre la France et les Ottomans, mais une coopération étroite permet aux deux puissances de combattre efficacement la flotte espagnole en Méditerranée au grand scandale de l’Europe chrétienne. François Ie r use d’un intermédiaire pour discuter avec le sultan : il s’agit d’un des premiers cas connus de l’usage de diplomates pour négocier et non transmettre un simple message. Celui-ci, par précaution, est quand même emprisonné pendant un an à Constantinople.

En 1536, la France devient la première puissance européenne à obtenir des privilèges commerciaux en Turquie dits capitulations. Ceux-ci autorisent les navires français à naviguer librement dans les eaux ottomanes sous le pavillon fleurdelisé et chaque navire appartenant aux autres pays a l’obligation de battre pavillon français et demander la protection des consuls français pour commercer. Outre cela, la France obtint le droit de posséder une chapelle d’ambassade à Constantinople dans le quartier Galata. Ces privilèges assurent également une certaine protection de la France sur les populations catholiques de l’Empire ottoman.

Dernières tentatives italiennes et bourguignonnes

L’empereur et le pape finissent par aplanir leur différend : en 1530, à Bologne, Charles Quint reçoit la couronne impériale des mains de Clément VIIe. Le 7 août, François Ie r épouse la sœur de Charles Quint, Éléonore de Habsbourg, veuve du roi Manuel Ie r de Portugal.

En 1535, à la mort du duc de Milan François Sforza, François Ie r revendique l’héritage du duché. Au début de 1536, 40 000 soldats français envahissent le duché de Savoie et s’arrêtent à la frontière lombarde, dans l’attente d’une éventuelle solution négociée. En juin, Charles Quint riposte et envahit la Provence mais se heurte à la défense du connétable Anne de Montmorency. Grâce à l’intercession du pape Paul , élu en 1534 et partisan d’une réconciliation entre les deux souverains, le roi et l’empereur signent le 18 juin 1537 la Paix de Nice et se réconcilient lors de l'entrevue d'Aigues-Mortes le 15 juillet 1538, promettant de s’unir face au danger protestant. En signe de bonne volonté, François Ie r autorise même le libre passage à travers la France afin que Charles Quint puisse aller mater une insurrection à Gand.

Charles Quint ayant refusé, malgré ses engagements, l’investiture du duché de Milan à un des fils du roi, une nouvelle guerre éclate en 1542. Le 11 avril 1544, François de Bourbon-Condé, comte d’Enghien, à la tête des troupes françaises, défait le marquis Alfonso de Avalos, lieutenant général des armées de Charles Quint à la bataille de Cérisoles. Cependant, les troupes impériales, avec plus de 40 000 hommes et 62 pièces d’artillerie, ont traversé la Lorraine, les Trois-Évêchés et franchi la frontière. Mi-juillet, une partie des troupes assiège la place forte de Saint-Dizier, tandis que le gros de l’armée poursuit sa marche vers Paris. De graves problèmes financiers empêchent l’empereur de solder ses troupes, où se multiplient les désertions. De son côté, François Ie r doit également faire face au manque de ressources financières ainsi qu’à la pression des Anglais qui assiègent et prennent Boulogne-sur-Mer. Les deux souverains finissent par consentir à une paix définitive en 1544, le traité de Crépy-en-Laonnois reprend l’essentiel de la trêve signée en 1538. La France perd sa suzeraineté sur la Flandre et l’Artois et renonce à ses prétentions sur le Milanais et sur Naples, mais conserve temporairement la Savoie et le Piémont. Charles Quint abandonne la Bourgogne et ses dépendances et donne une de ses filles en mariage, dotée du Milanais en apanage, à Charles, duc d’Orléans et deuxième fils du roi.


Les relations personnelles avec Charles Quint

Bien que François Ie r et Charles Quint ne s’apprécient guère, ils se témoignent en public tout le respect qui s’impose lors de visites officielles. Ainsi, François Ie r reçoit plusieurs fois Charles Quint, notamment au Louvre, juste avant que les travaux du nouveau Louvre ne commencent. En janvier 1540, Charles Quint demandant à François Ie r de le laisser traverser la France pour mater une révolte en Flandres, est reçu par le roi et, accompagné de celui-ci, fait une entrée à Paris, après être passé par Bordeaux, Poitiers, et Orléans. Il visite ainsi Fontainebleau, où François Ie r lui fait découvrir la nouvelle galerie récemment achevée. La communication politique et la diplomatie sont ainsi érigées en outil de parade visant à impressionner l’adversaire.

Les deux chefs d’État cherchent aussi à créer des liens familiaux pour donner un sentiment de paix et d’entente. François Ie r offre sa fille Louise (morte en bas âge) en mariage à Charles Quint, et ce dernier est à l’origine du mariage de sa sœur Éléonore avec François Ie r en 1530.

L'Amérique du Nord

Lorsque François Ie r accède au pouvoir, la France ne s’intéresse guère aux grandes découvertes et limite ses périples maritimes aux actions de contrebande et aux actes de piraterie sur la côte africaine. Pourtant, la France possède tous les atouts d’une grande puissance coloniale et navale : elle est dotée d’une longue façade maritime, de nombreux ports et de marins de qualité. Néanmoins, les prédécesseurs de François Ie r privilégient les conquêtes méditerranéennes.

C’est donc sous le règne de celui-ci que naît le premier engouement français pour les Amériques. Le roi de France s'attache à desserrer le contrôle du Nouveau Monde mis en place par les royaumes ibériques avec l'appui de la papauté (bulle pontificale de 1493 Inter Coetera modifiée par le traité de Tordesillas de 1494) en limitant la portée de la bulle aux territoires déjà découverts à cette date, limitation qu'il n'obtient que sous la forme d'une déclaration de Clément VII en 1533. François Ier peut donc pousser ses envoyés vers les territoires qui ne sont pas encore sous tutelle ibérique. Les protestations espagnoles nées de cette politique sont à l'origine de la répartie du roi de France: Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde.

Ainsi, les navires de l'armateur dieppois Jean Ango reconnaissent les côtes de Terre-Neuve, descendent en Guinée puis au Brésil, et contournent le Cap jusqu’à Sumatra. En 1522, l’un de ses capitaines, Jean Fleury, intercepte deux caravelles espagnoles venant de la Nouvelle-Espagne et transportant les trésors offerts par Cortès à Charles Quint. Cette découverte fait prendre conscience à la cour de France de l’importance du Nouveau Monde et des richesses qu’il peut contenir. En 1523, François Ie r commence à encourager les explorations en Amérique du Nord. Il prend sous son égide le Florentin Giovanni da Verrazano et met à sa dispositions le vaisseau royal La Dauphine, laissant à Jean Ango et aux capitaux florentins le soin de financer l’expédition. Verrazano atteint l’Amérique du Nord et la Floride (qu'il baptise du nom de Franciscane), cartographie Terre-Neuve, puis fonde la Nouvelle-Angoulême (la future Nouvelle-Amsterdam, plus connue sous le nom de New York), en hommage à la famille du roi de France, avant de poursuivre vers le Brésil et les Antilles. Son objectif est de trouver un passage vers le nord-ouest menant directement aux Indes. Ses conclusions sont éloquentes : C’est une terre inconnue des anciens, […] plus grande que l’Europe, l’Afrique et presque que l’Asie. En 1534, Jean Le Veneur, évêque de Lisieux et grand aumônier du roi, conseille à François Ie r d’envoyer le Malouin Jacques Cartier en expédition pour découvrir certaines îles et pays où l’on dit qu’il se doit trouver grande quantité d’or et autres riches choses. C’est la naissance de la Nouvelle-France.

Parti de Saint-Malo le 20 avril 1534, Cartier traverse l’Atlantique en seulement trois semaines. Le 24 juillet, il prend possession de la côte de Gaspé, puis revient à Saint-Malo le 5 septembre. Soutenu par François Ie r, il repart le 15 mai 1535 à la tête de trois navires. Il découvre l’embouchure du Saint-Laurent, remonte le fleuve et fonde le poste de Sainte-Croix (future Québec), puis atteint un village sur une colline, Hochelaga, qu’il re-baptise en Mont-Royal (future Montréal). Remontés à Sainte-Croix, les Français y restent bloqués par les glaces entre novembre 1535 et avril 1536. Cartier repart pour la France considérablement affaibli et arrive à Saint-Malo le 16 juillet 1536. La guerre avec Charles Quint ne facilite pas la mise en place d’une nouvelle expédition. Pour gouverner cette province d’outre-mer, François Ie r choisit le Languedocien Jean-François de La Rocque de Roberval, militaire expert en fortification. Jacques Cartier quitte Saint-Malo le 23 mai 1541 à la tête de cinq navires chargés de vivres pour deux ans et transportant plusieurs centaines d’hommes. Il fonde une colonie qu’il nomme Charles-Bourg à une quinzaine de kilomètres de l'île de Sainte-Croix. Après des complications avec les populations amérindiennes et un hivernage difficile, Cartier décide de regagner la France. Le 8 juin, il croise, à Terre-Neuve, Roberval qui arrive seul à la colonie en juillet. En octobre 1543, il est de retour en France.

Cette tentative française en Amérique du nord est donc un échec, mais la prise de possession de territoires nord-américains remet en cause le monopole colonial espagnol et ouvre des perspectives pour l’avenir, notamment pour Samuel de Champlain au début du XVIIe siècle.

  Politique intérieure

Alors que le roi érige en France de nombreux châteaux, il déséquilibre sérieusement le budget du royaume. À la fin de son règne Louis s’inquiétait déjà d’un François très dispendieux. Le beau-père du roi avait laissé une France en bonne santé économique avec une monarchie au pouvoir renforcée sur le pouvoir des féodaux. François Ie r continue de consolider l’emprise de la couronne sur le pays mais, en même temps, détériore la situation économique du royaume.

Lorsque François Ie r accède au trône de France, son royaume compte environ 18 millions d’habitants, ce qui en fait le pays unifié le plus peuplé d’Europe. 85 % de la population française est paysanne, mais la productivité de l’agriculture, basée essentiellement sur la polyculture et les céréales, est faible (5 quintaux à l’hectare), et la pénurie, fréquente. En revanche, l’horticulture progresse avec notamment la culture des carottes, betteraves, artichauts, melons, choux-fleurs et mûriers. Quant aux villes, leur croissance suit le développement de l’artisanat.

Le gouvernement de François Ie r
Le règne de François Ie r voit un renforcement de l’autorité royale jetant les bases de l’absolutisme tel que pratiqué plus tard par Louis . Le défenseur le plus ardent de la suprématie royale est le jurisconsulte Charles du Moulin. Pour lui, le roi seul, et aucun autre seigneur ou officier, bénéficie de l'imperium.

La cour (estimée entre 5 000 et 15 000 personnes) que le roi rétablit à Paris, en édifiant le nouveau Louvre, est le véritable cœur du pouvoir. Bien qu’entouré de conseils – le Grand Conseil, le Conseil des parties ou Conseil privé et le Conseil étroit, ce dernier chargé des décisions importantes de l’État –, le roi, apparaît de plus en plus comme la source unique de l’autorité, arbitrant en dernier ressort les initiatives de l’administration judiciaire et financière, choisissant et disgraciant ses favoris, ses ministres et ses conseillers.

Au début de son règne, le roi maintient en faveur plusieurs serviteurs de son prédécesseur : La Palisse et Odet de Foix, seigneur de Lautrec font passer à quatre le nombre de maréchaux. La Trémoille prend de hautes responsabilités militaires. Il confirme également Florimond Robertet comme étant le « père des secrétaires d’État ». La Palisse cède l’office de grand maître à Artus Gouffier de Boissy, ancien gouverneur du roi. Guillaume Gouffier de Bonnivet devient amiral de France en 1517. Le cardinal Antoine Duprat, magistrat d’origine bourgeoise devient chancelier de France. Enfin, Charles de Bourbon reçoit l’épée de connétable. La mère du roi, Louise de Savoie a une influence non négligeable sur les affaires du pays. Élevée au rang de duchesse, elle fait partie du conseil privé du roi et est nommée par deux fois régente du royaume.
Jusqu’en 1541, Anne de Montmorency, nommé premier gentilhomme de la chambre du roi, connaît la faveur royale et une carrière politique éclatante. François Ie r compte aussi sur ses conseillers l'amiral de France Claude d'Annebaut et le cardinal de Tournon pour l’exécution des décisions financières.

La religion


François Ie r est vu comme un roi très chrétien et bon catholique. Bien qu’il ne soit peut-être pas aussi pieux que sa sœur Marguerite, il prie chaque matin dans sa chambre, communie régulièrement sous les deux espèces et se rend bien sûr à la messe après le conseil des affaires. François Ie r prend également part aux pèlerinages : dès son retour d’Italie en 1516, il se rend à la Sainte-Baume en Provence sur le tombeau de Marie-Madeleine. Plus tard, il part à pied avec ses courtisans rendre hommage au Saint-Suaire à Chambéry.

Après plusieurs décennies de crise entre la papauté et le royaume de France, François Ier signe avec le pape Léon X le concordat de Bologne .

Alors que les idées de la Réforme commencent à se répandre en France, François Ie r garde initialement une attitude plutôt tolérante, sous l’influence de sa sœur Marguerite de Navarre, portée sur l’Évangélisme, sans rupture avec l’Église catholique. Le roi protège les membres du groupe de Meaux, persécutés durant son absence par les théologiens de la Sorbonne et sur les conseils de sa sœur nomme même précepteur de son fils Charles, Lefèvre d’Étaples qui s’était exilé à cause de ces persécutions.

En revanche, dès 1528, l’Église de France entreprend des actions contre le développement de la nouvelle religion et propose aux réformés le choix entre l’abjuration et le châtiment. L’influence de Marguerite de Navarre est contrariée par celle de deux puissants conseillers proches du roi: les cardinaux Antoine Duprat et François de Tournon.

Devant les actes de vandalisme perpétrés contre les objets du culte romain, François Ie r se montre implacable et favorise la poursuite en justice des réformés. Face aux actes iconoclastes, le roi participe personnellement aux cérémonies destinées à effacer ce qui est considéré pour l’époque comme un crime. Survient en octobre 1534 l’affaire des Placards, dans laquelle François Ie r estime l’autorité royale bafouée et qui accélère en réaction le processus de persécution des protestants et l’amorce des guerres de religion en France.

L’épisode le plus douloureux de cette répression, qui ternit la fin de règne de François Ie r, est le massacre des Vaudois du Luberon, ralliés aux thèses de Calvin, des villages de Cabrières, Mérindol et Lourmarin, villages situées sur les terres de l’Église. Après publication d’un édit du Parlement d’Aix en 1540, resté lettre morte, François Ie r décide de réprimer dans le sang les désordres de cette communauté. Grâce aux galères de Paulin de La Garde qui amènent des troupes du Piémont, Jean Maynier, président du Parlement d’Aix, et Joseph d’Agoult, baron d’Ollières, exécutent les ordres royaux avec un tel enthousiasme que même Charles Quint en exprime son émotion.

Le durcissement de la politique de François Ie r à l’égard de la religion réformée est aussi, vraisemblablement, lié aux accords secrets passés avec Charles Quint à l’occasion de la signature du traité de Crépy-en-Laonnois, accords qui obligent le roi de France à participer activement à l’éradication de la menace protestante en Europe et donc en France. Nonobstant ces accords, François Ie r persiste dans sa politique de soutien aux princes protestants d’Allemagne.

Le français comme langue officielle

Dans son château de Villers-Cotterêts dans l’Aisne, en 1539, François signe l’ordonnance royale, élaborée par le chancelier Guillaume Poyet, qui fait du français la langue officielle exclusive de l’administration et du droit, en lieu et place du latin. Le même document impose aux prêtres d’enregistrer les naissances et de tenir à jour un registre des baptêmes. C’est le début officiel de l’état civil en France et les premiers enregistrements avec filiation au monde.

La politique financière

Les constructions se révèlent être un gouffre financier alors que l’effort de guerre contre Charles Quint mobilise des sommes énormes.

Pour faire face à la situation, le roi augmente les taxes : la taille, payée par les paysans, est plus que doublée, et la gabelle, payée sur le sel, est triplée. François Ier généralise la douane et la traite foraine, augmentant ainsi la part dans les ressources du Trésor des taxes générées par les importations et les exportations de marchandises. Contrairement à la plupart de ses prédécesseurs, en particulier pour les décisions à caractère fiscal, François Ie r ne convoque pas les états généraux durant son règne.

L'accroissement des différentes traites rend inopérant le système de recouvrement en usage jusqu'alors. François Ier pallie cette insuffisance administrative par l'extension à la gabelle du système de perception par la ferme. De même, le roi entend améliorer l'efficacité de l'emploi des fonds levés et l'adéquation des prélèvements avec la création en 1523 du Trésor de l'Épargne, caisse unique où doivent être apportées toutes les finances et réalisées toutes les dépenses générales de l'État. Cette nouvelle institution centralise l'activité des dix recettes générales préexistantes, qui opéraient de façon indépendante et sans coordination, laissant se développer erreurs et doubles emplois.

François Ier use aussi de nouveaux moyens pour lever des fonds. Il se sépare de pierres précieuses appartenant à la couronne et aliène des territoires royaux qui lui apportent les fonds nécessaires au financement de sa politique.

Enfin, le roi innove avec la vénalité des charges et offices. Ainsi, de nombreux bourgeois et nobles de grandes familles accèdent aux plus hautes charges de l’État par leur seule fortune. Les postes les plus prisés sont les notaires et secrétaires de la Chancellerie de Paris, qui rédigent et authentifient les lois. Bien qu’il n’abuse pas de ce dernier moyen, c’est certainement le début d’un phénomène destiné à s’amplifier et donc à affaiblir plus tard l’administration du pays malgré un pouvoir de plus en plus centralisé.

Par l’édit de Châteauregnard , François Ie r crée également la première loterie d’État, sur le modèles des blancques existant déjà dans plusieurs villes italiennes.

Enfin, comme lors de l’affaire du connétable Charles de Bourbon, François Ie r ne recule pas devant les procédés douteux pour résoudre les problèmes financiers de la couronne. L’exemple le plus frappant en est le procès intenté à Jacques de Beaune, baron de Semblançay, principal intendant des finances depuis 1518 et accusé lors d’un procès intenté par le roi en 1524, de détournement des fonds destinés à la campagne d’Italie. Bien qu’ayant réussi à se justifier lors de ce procès, il est arrêté en 1527, accusé de concussion, condamné à mort et exécuté au gibet de Montfaucon. Lors de sa réhabilitation, il apparaît qu’il avait surtout eu le tort d’être un créancier important de François Ie r.

Fiefs réunis à la couronne

La majeure partie des acquisitions du domaine royal se limite aux fiefs de la famille de François Ie r et de son épouse, réunis à la couronne lors de son sacre, tel le comté d’Angoulême, érigé en duché et offert à Louise de Savoie, qui le redonne à la couronne à sa mort en 1531. En 1523, le domaine du roi s’étend au duché de Bourbonnais, au comté d’Auvergne, de Clermont, de Forez, de Beaujolais, de la Marche, de Mercœur et du Montpensier (la plupart de ces terres sont confisquées au connétable de Bourbon en 1530 après sa trahison). En 1525, la couronne acquiert le duché d’Alençon, le comté du Perche, d’Armagnac, du Rouergue et en 1531, le Dauphiné d’Auvergne.

La Bretagne était déjà en cours de rattachement à la couronne de France depuis 1491, la duchesse de Bretagne Anne ayant épousé Charles puis Louis . Le duché entre alors dans une ère assez prospère, dont la paix n’est perturbée que par quelques expéditions anglaises, telle celle de Morlaix en 1522.

François Ie r en devient l'usufruitier en épousant la fille d’Anne de Bretagne, Claude de France, duchesse souveraine de Bretagne qui décède en 1524. François, conscient que la Bretagne fut toujours hostile à toute annexion au Royaume de France, y envoie Antoine Duprat qui devient Chancelier de Bretagne en 1518. En 1532, année de la majorité du duc-dauphin, François Ie r réunit les États à Vannes le 8 décembre en demandant une union réelle et perpétuelle moyennant le respect de leurs droits et privilèges fiscaux. Le 6 août, à Rennes, il fait couronner son fils qui devient François de Bretagne. Le 13 août, il signe l’édit d’union du duché à la couronne de France. La Bretagne est ainsi unie définitivement au royaume et symbolise la réussite de François Ie r dans son agrandissement territorial du domaine royal.

Claude de France, lors de son mariage, apporte également en dot le comté de Blois, le Soissonnais, les seigneuries de Coucy, Asti et le comté de Montfort.

À part les conquêtes du Milanais au début du règne de François Ie r et l’acquisition temporaire de la Savoie et du Piémont, le règne de François Ie r se révèle pauvre en conquêtes étrangères, en particulier après l'échec de ses revendication sur le royaume de Naples.

  Mort du Roi

François Ie r meurt d’une septicémie le au château de Rambouillet et est enterré le 23 mai au côté de sa première épouse Claude de France à la basilique Saint-Denis. Son deuxième fils Henri lui succède.

Anne de Pisseleu, sa maîtresse, est contrainte de quitter la cour.

Un monument au cœur est réalisé sous forme d'urne sur un haut socle, sculptée entre 1551 et 1556 par Pierre Bontemps et à l'origine placée à l'abbaye des Hautes-Bruyères (Yvelines, détruite), et aujourd'hui conservée à Saint-Denis, non loin du monument au corps où le roi repose aux côtés de Claude de France, dans un ensemble sculpté entre 1548 et 1558 par François Carmoix, François Marchand, puis Pierre Bontemps. La tombe de François Ie r fut profanée pendant la Révolution, le 20 octobre 1793, en même temps que celle de sa mère et de sa première épouse.

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